
Fête des mères et pain d’épices – Le goût de l’amour maternel
Cet article est un mode d’emploi simple pour celles et ceux qui souhaitent faire revivre la tradition de la Saint-Nicolas en famille, autour de la table. Il ne s’agit pas ici de revenir sur l’histoire de la fête, mais d’expliquer concrètement comment s’y préparer : quoi acheter, comment disposer la table, et comment vivre cette soirée simplement avec les enfants.
La Saint-Nicolas se célèbre dans la soirée du 5 décembre. La table devient alors le cœur de ce moment d’attente et de transmission. Voici, pas à pas, comment la préparer chez soi.
Quand préparer la table pour la Saint-Nicolas
On prépare la table de Saint-Nicolas le soir du 5 décembre, pour le dîner : ce n’est pas un “avant-goût” de Noël, mais une fête à part entière.
La mise en place commence dès que l’on rentre à la maison, avant que la nuit ne tombe.
On choisit une nappe traditionnelle : dans beaucoup de familles alsaciennes, c’est souvent un tissu de type Kelsch d’Alsace — ce tissu à carreaux rouges ou bleus, tissé depuis le Moyen Âge en Alsace, utilisé autrefois pour le linge de maison (nappes, torchons, rideaux, draps).
Si le Kelsch n’est pas disponible, une nappe blanche ou écrue, brodée ou sobre convient tout autant : l’essentiel est que la table soit préparée “comme pour une fête”.
On repasse la nappe soigneusement.
Pour l’ambiance, on dispose quelques bougies (ou des petits luminions électriques si des enfants sont présents, pour plus de sécurité). Il est à retenir que l’esprit de la Saint-Nicolas et différent d’un décor de Noël.
Pour tout savoir sur l’histoire de la tradition de Saint Nicolas dans les familles et entreprises en Alsace, vous pouvez vous rendre sur cet article.
Liste de course pour la Saint-Nicolas
Sur la table de la Saint-Nicolas, il y a deux figures centrales : les petites brioches en forme de bonhomme, appelées Mannala ou Mannele selon les régions, et le pain d’épices recouvert de sucre glace, portant l’image de Saint-Nicolas. Ce sont ces deux éléments qui incarnent véritablement la fête.
Les Mannala peuvent être achetés en grande-surface en Alsace, boulangerie-pâtisserie, ou fabriqués à la maison. Ils sont le plus souvent nature.
Enfant, je faisais des Mannala avec ma grand-mère. Notre plus grand plaisir, à ma sœur et à moi, était le façonnage, et surtout le moment où l’on « mettait des yeux » et des « boutons » à nos Mannala.
Nous utilisions pour cela des raisins secs, et c’était aussi grâce à eux que nous reconnaissions « les nôtres ».
Le pain d’épices, lui, est reconnaissable à son image de Saint-Nicolas imprimée sur le sucre glace.
Aujourd’hui encore, une maison alsacienne emblématique, Fortwenger, fabrique ces pains d’épices de la Saint-Nicolas, fidèles à la tradition. Les enfants ont toujours un attachement particulier à cette image, qu’ils tentent parfois de décoller sans la déchirer.
Autour de ces deux éléments principaux, on retrouve les fruits et les fruits secs de saison.
À table, il y a des mandarines, des oranges ou des clémentines, des pommes, des noix, ainsi que les incontournables cacahuètes en coque. Ce sont les mêmes choses que l’on recevait autrefois, aussi bien à l’école qu’à la maison.
Pour accompagner les brioches, on prévoit du beurre et de la confiture, le plus souvent de confiture d’églantine ou de confiture de sureau, comme le faisaient les grands-mères. Les Mannala sont coupées en deux, puis tartinées juste avant d’être mangées.
On retrouve aussi dans les commerces des Saint-Nicolas en chocolat.
Attention à ne pas les confondre avec des « pères Noël en chocolat ». Ici, il porte sa crosse, sa croix et les signes distinctifs du saint. On mange alors le Saint-Nicolas en chocolat avec nos Mannala natures.
On ajoute enfin le chocolat chaud, qui accompagne naturellement ce moment en famille. Autour du Mannala et du pain d’épices de Saint-Nicolas, la table est alors complète et prête pour la fête.
En synthèse, il vous faudra donc :
– Des Mannala
– Du pain d’épices de Saint-Nicolas (Fortwenger) ou du pain d’épices maison.
– Au choix : oranges, clémentines, pommes, noix, cacahuètes en coque
– De quoi préparer un chocolat chaud ou une brique de lait chocolaté
– Du beurre
– De la confiture
– Un Saint-Nicolas en chocolat, si vous en trouvez
– Une jolie nappe et quelques lumières (bougies ou luminions).
Comment se déroule la fête de la Saint-Nicolas ?
La table est prête, les enfants trépignent d’impatience.
Ils savent que ce soir n’est pas un soir comme les autres. Ils sont joyeux, excités, et, bien souvent, ils chantent.
En Alsace, on entonne la chanson Saint-Nicolas, patron des écoliers. Toute la famille se réunit alors autour de la table.
Ce moment est d’autant plus attendu qu’il s’inscrit dans le temps de l’Avent, période plus recueillie, plus sobre.
La Saint-Nicolas devient ainsi une véritable parenthèse festive, une fête au cœur de l’attente, ce qui la rend encore plus précieuse aux yeux des enfants.
On ne commence pas le repas sans faire le signe de croix. Les enfants s’appliquent, chacun à sa manière, à bien le faire. Puis on récite le bénédicité. Nos grands-parents rappelaient souvent que ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est justement cela : l’animal se précipite sur la nourriture, tandis que l’homme prend d’abord le temps de remercier Dieu pour ce qu’il reçoit.
La prière, simple et dite avec les enfants, est la suivante :
« Nous vous rendons grâce, Seigneur, pour ce repas de la Saint-Nicolas.
Nous vous prions de bénir ceux qui nous l’ont préparé
et de donner à manger à ceux qui n’en ont pas.
Ainsi soit-il. »
Les enfants restent à table pendant que le chocolat chaud est mis à chauffer. Pendant ce temps, les parents ou les grands-parents racontent l’histoire de Saint-Nicolas. On coupe les Mannala en deux, on les garnit de beurre et de confiture. Tout au long du dîner, on échange, on raconte, on transmet.
À la fin du repas, avant que les enfants ne regagnent leur chambre et que les parents ne retournent à la cuisine, on fait à nouveau le signe de croix, puis on dit les grâces pour ce moment partagé :
« Nous vous rendons grâce, Seigneur, pour tous vos bienfaits.
Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.
Ainsi soit-il. »
La soirée de la Saint-Nicolas s’achève alors paisiblement, dans la joie, le calme et l’attente du lendemain.
À travers ces moments simples, la Saint-Nicolas est aussi l’occasion de transmettre des valeurs. Autrefois, ces soirées étaient naturellement des temps que l’on qualifierait aujourd’hui « d’enseignement moral et civique » dans les familles. À travers l’histoire du saint, on donnait envie aux enfants de lui ressembler par l’exercice des vertus.
Van Gennep, A. (1909). Les rites de passage. Émile Nourry.
→ Ouvrage de référence en ethnologie qui analyse les rites festifs et symboliques dans les sociétés traditionnelles. Il permet de comprendre la place des fêtes comme la Saint-Nicolas dans la transmission des valeurs et des repères sociaux.
Walter, P. (2008). Mythologie chrétienne : Fêtes, rites et symboles du Moyen Âge à nos jours. Imago.
→ Cet ouvrage étudie les grandes figures du calendrier chrétien et leurs transformations dans les traditions populaires, dont Saint-Nicolas, en lien avec les rituels familiaux et l’imaginaire collectif.
Musée Alsacien de Strasbourg (2020). Fêtes et traditions d’Alsace. Éditions des Musées de Strasbourg.
→ Ce travail patrimonial documente les usages familiaux liés à la Saint-Nicolas, aux tables festives, aux objets symboliques (Mannala, pains d’épices, images) et au rôle éducatif de ces traditions.
Stoeber, A. (1855). Légendes d’Alsace. Joseph Baer éditeur.
→ Recueil ancien de légendes populaires alsaciennes, dans lequel la figure de Saint-Nicolas apparaît comme modèle moral et éducatif pour les enfants, à travers les récits transmis oralement.
✍️ Cet article a demandé près de 3 h 00 de travail attentif, entre la recherche, l’écriture, la relecture et les ajustements pour rester fidèle à l’esprit de la Saint-Nicolas et à la tradition telle qu’elle se transmet dans les familles.
Si cette lecture vous a été utile pour préparer votre table, transmettre cette fête à vos enfants ou simplement redécouvrir cette tradition, n’hésitez pas à la partager autour de vous.
Un geste simple, mais précieux — surtout pour les amoureux des traditions, les familles en quête de repères, et celles et ceux qui souhaitent remettre du sens dans le quotidien.
Merci pour votre lecture.




